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Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l'univers,
et des environs.
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La vie, l'évolution, et les fossiles.
Les créationnistes.
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La vie de la vie.
(…)
(…)
(…)
[vers le milieu du XIXe siècle]
Le mystère de la vie n’était pas entièrement levé pour autant. On savait maintenant, grâce à la chimie, expliquer le fonctionnement des organes, de l’estomac, des muscles, etc. Mais il restait une formidable interrogation : en apparence, un être vivant ce n’était rien d’autre qu’un assemblage d’atomes tout à fait normaux, qui ne se distinguaient en rien des atomes que l’on trouve dans l’air, dans l’eau, etc. Au départ donc, un tas d’atomes ; de la matière, rien que de la matière. Pourtant en assemblant ces atomes en une certaine façon, on pouvait obtenir un être vivant ! Comment la non-vie des atomes pourrait-elle devenir vie ? On pouvait l’accepter, peut-être, à la rigueur, pour les animaux - mais pour l’homme ? Car dans le cas de l’homme, il se passe une chose plus extraordinaire encore : non seulement ce tas d’atomes prend vie, mais en outre, il se met à penser ; mais oui. Il était délirant d’imaginer que la chimie des atomes, la chimie de la matière, puisse aussi expliquer la conscience. Comment la matière pourrait-elle engendrer l’esprit, qui est non-matière ?
Aujourd’hui, nous acceptons, plus ou moins volontiers, l’idée qu’en assemblant correctement des atomes, on puisse obtenir une bactérie en parfait état de marche. La science sera peut-être en mesure de le faire dans un avenir pas trop éloigné… on peut le redouter peut-être.
Mais de là à accepter l’idée qu’en assemblant correctement des atomes, on puisse obtenir aussi un être humain en parfait état de marche...
Pourtant, dès le XIXe siècle, certains soutenaient déjà que la conscience n’était qu’un effet mécaniquement nécessaire, inévitable, d’un certain degré d’organisation de la matière : « la pensée est au cerveau ce que l’urine est au rein » ; « sans phosphore, pas de pensée ».
La matière grise pourrait-elle vraiment n’être que... matière, seulement matière ?
Non ! d’autres au contraire assuraient que pour que la matière devienne grise et qu'elle commence à penser, qu'il était nécessaire de faire appel à une étincelle divine, à une certaine force vitale. En 1835, J.J. Berzelius assurait que « Dans la nature vivante, les éléments paraissent obéir à des lois tout autres que dans la nature inorganique » ; et en 1842, bien longtemps après les expériences de Wöhler, C.F. Gerhard déclarait encore que « la force vitale seule opère par synthèse ».
Il semblait en effet impossible d’expliquer, par les seules lois de la nature inorganique, que les êtres vivants puissent se construire tout seul. Tout seul, et avec intelligence. Car sous leur diversité extrême, les créatures sont toutes parfaitement adaptées à un environnement donné, à un mode de vie, à un but. Les poissons ont des nageoires, bien plus utiles sous l’eau que des pattes ; les gazelles ont des pattes longues et agiles, bien plus utiles dans la savane que des nageoires.
Et comme il eût été dommage que les petits moineaux souffrissent de vertige, et ne volassent point !
"T'as d'belles mandibules, tu sais... "[N1]
Il suffit de regarder pour s'en rendre compte ; qu'y a-t-il de plus
merveilleusement achevé qu'un être vivant ? Une libellule
au bord de son étang, un grand poisson de l'océan, un oiseau
dans le ciel... Et au-delà de cette fonctionnalité parfaite,
ils sont beaux. Même lorsqu'ils sont laids, ils sont beaux !

Ces
insectes inquiétants, aux appendices multiples, avec leurs antennes,
leurs mandibules impressionnantes, leurs yeux multipliés énormes
et colorés, ils sont beaux ; beaux dans leur tranquille assurance
d'être un tout cohérent et achevé, parfaitement adapté
à la mission qu'ils ont à remplir, et bien décidés
à la remplir. La mission de se nourrir et de rechercher une
femelle aux affriolantes énormes mandibules ; une jolie femelle à la taille fine, dont le vent coquin soulève parfois les élytres, laissant entrevoir le galbe
affolant de ses longues pattes, voluptueusement noires, velues, et griffues
[N2] ; la mission de lui faire les
yeux doux, en mille et une facettes bien entendu, de lui conter fleurette,
de lui faire quelques compliments en lui susurrant
"
T'as d'belles mandibules tu sais... " ; d'oser l'approcher enfin, de la flatter d'une antenne tendre et caressante ; bref ! de la séduire afin d'avoir
avec elle toute une ribambelle de rejetons aux mignonnes petites mandibules.
Comment expliquer cette merveilleuse adaptation des êtres vivants
à leur environnement, comment expliquer toutes leurs inventions,
que les hommes ne font que redécouvrir laborieusement et imiter
si maladroitement : les oiseaux battaient de l'aile bien avant que volent
nos premiers avions, la chauve-souris marchait en zigzagant au radar, et
le gyrin, dont les yeux lui permettent de voir le milieu aérien
vers le haut et le milieu aquatique vers le bas, avait depuis bien longtemps
inventé les verres à double foyer ! Tout se passe comme si
la vie était préméditée, organisée selon
des plans conçus à l'avance et parfaitement étudiés...
Des plans ? Mais, d'où viendraient-ils ? Qui les aurait dessinés
? On se souvient que pour Platon, les Idées étaient ces fameux
plans, et que pour Anaxagore le Noüs en était le concepteur.
Deux mille ans après eux, le spectacle admirable des êtres
vivants conduisait encore naturellement vers le même type d'explication
faisant appel aux dieux.
Dans ce cadre, les particularités de la vie ne posaient pas de
problème : les espèces étaient adaptées parce
que tout simplement elles avaient été créées
par Dieu. C'est lui qui avait dessiné ces plans admirables, et qui
les avait mis en œuvre lors de la Création.
Il subsistait toutefois quelques interrogations.
Par exemple, on avait vu apparaître des espèces nouvelles
; ce fut le cas d'un nouveau fraisier dont les feuilles étaient
simples au lieu d'être divisées en trois. Comment de nouvelles
espèces pouvaient-elles apparaître ainsi, "naturellement",
sans l'aide d'aucun dieu ?
Et il y avait cet irritant problème des fossiles. Que signifiaient
ces cailloux aux ressemblances si frappantes avec les plantes et les animaux
? Ils étaient d'une fascinante beauté, et les Égyptiens, ces amoureux du beau, les avaient utilisés comme ornements. Mais leur réalisme intriguait ; ils semblaient des instantanés d'une mystérieuse vie passée, différente, moulés en relief dans la pierre. Ils étaient une sorte de "temps pétrifié".
Etaient-ce de simples jeux de la nature comme l'avait soutenu Pline
?
Ou encore des jeux du diable destinés à troubler les hommes
?
Ou encore comme tendait à le penser l'Eglise, des restes solidifiés
d'animaux, déposés jusqu'en haut des montagnes par le déluge
universel ?

Toutefois,
même ces réponses exotiques ne parvenaient pas à effacer
tous les problèmes. Ces cailloux montraient en effet
d'autres
espèces de plantes et d'animaux que celles que nous connaissons
: comment expliquer cet étonnant petit détail ? Fallait-il
imaginer qu'il s'agissait là d'une sorte de moulage d'anciennes
espèces aujourd'hui disparues ? Mais pourquoi alors les espèces
d'aujourd'hui n'avaient-elles pas été moulées elles
aussi ? Fallait-il imaginer qu'elles n'existaient pas en ces temps reculés,
et qu'elles n'étaient donc apparues qu'après ?
Après! ?
Dieu, dont on nous dit qu'il s'était mis en week-end
après six jours de labeur intense, un très très long week-end, qui
dure maintenant depuis 15 milliards d'années bien sonnés - le syndicaliste le plus enragé n'oserait en demander même pas la moitié -
Dieu se serait donc en réalité remis à l'œuvre après
? Comment ! Aurait-il été mécontent de ce qu'il avait créé
? Se serait-il subitement aperçu qu'il avait oublié quelque
chose dans sa création ? Il se serait ainsi réveillé
un matin en sursaut, en se disant, "Zut, j'ai oublié le fraisier
à feuille simple, vite il faut que je m'y remette !" Une telle légèreté
est inconcevable de la part de Dieu ; Dieu n'oublie pas ; Dieu n'a pas
la tête en l'air, comme disent les mamans de leur enfant oublieux.
Pourtant, l'analyse des fossiles semblait bien indiquer que la plupart
des espèces avaient été initialement oubliées,
et n'étaient apparues qu'après coup. Etrange oubli ! Et,
passe encore pour le fraisier à feuille simple - après tout,
le monde pouvait continuer à tourner sans fraisier à feuille simple, et même sans fraise - l'oubli n'était
pas fondamental.
Les producteurs de fraises objecteront peut-être que les fraises, c'est très important...
Mais le plus extraordinaire en cette affaire, c'est qu'il semble bien...
que l'homme faisait partie des oubliés ! Il ne figurait pas du tout
en effet parmi les anciens fossiles, comme si l'espèce venait tout
juste d'apparaître !
Dieu avait oublié de créer l'homme ! !
... Tête en l'air - va !
Cette fois ci, l'oubli semblait vraiment fondamental.
... Quoique... après tout, le monde pouvait aussi continuer
à tourner sans l'homme.
Quelques langues disent même qu'il eût mieux tourné ainsi... Mais personne alors n'eût pu en être témoin, pour pouvoir confirmer une telle opinion.
(…)
(…)
(…)
Les débats de l’évolution.
L’homme descend du singe !
On peut imaginer les remous que provoqua la théorie de l’évolution. Les épais
tapis des salons cosy de la vieille Angleterre victorienne ne parvenaient pas à étouffer les exclamations horrifiées des vieilles dames et des vieux messieurs
de la bonne société, lorsqu’ils en discutaient entre pipe et tasse de
thé.
- " Avez-vous entendu parler de ce Darwin et de ses scandaleuses
élucubrations : L’homme descendrait du singe ! Quelle
horreur !
- Descendre du
singe ? Espérons que ce n’est pas vrai. Et si cela l’est, prions pour que
cela ne s’ébruite pas !
- Pour ma part je suis absolument certaine que ce n’est pas
vrai : Comment admettre
que dans les ancêtres du Christ il y a un singe ? .
… "
Les débats publics étaient perfides :
" Est-ce par votre grand-père ou par votre
grand-mère que vous descendez du singe " ?
demandait Samuel Wilberforce, évêque d’Oxford, faussement ingénu, au biologiste
Thomas Henry Huxley…
Le débat dure encore, sur le même ton...
L'homme descend du singe ; il faut reconnaître que la théorie est déroutante, même si, tout bien pesé, un tel lignage n'est pas plus extraordinaire que ceux de l'étrange zoo des béliers ascendance taureau, des balances ascendance scorpion, sans parler des improbables jumeaux ascendance vierge.
La théorie est également humiliante, puisqu’elle rabaisse l’homme à n’être qu’une erreur. A l’origine
de l’évolution on trouve en effet des mutations - c’est-à-dire des erreurs
dans les mécanismes de réplication au cœur de nos cellules ; ce sont donc
des erreurs qui ont créé l’ensemble de la biosphère, les micro-organismes, les
plantes, les animaux, et enfin l’homme !
L’homme est une erreur !
On en avait plus ou moins l'intuition, en considérant ses œuvres.
Eh bien ! c’est peut-être vrai !
Mollement allongés dans le bain de lait tiède et parfumé où nous avait
plongés la Révélation, nous imaginions que l’univers entier n’avait été créé que
pour nous, et nous avions un sentiment très vif de notre exceptionnelle
importance.
Sous la douche glacée de l’évolution nous apprenons au contraire que nous ne
sommes qu’une erreur ! Quelle désillusion !
Cheeta, ma soeur.
Nous sommes tous des chimpanzés !
Désillusion encore renforcée par les études qui
montrent combien nous ressemblons à nos plus proches cousins animaux.
En
comparant les gènes humains aux gènes de chimpanzés, on a trouvé des gènes
identiques chez eux et chez nous ; c’est sans doute normal, puisque -
quoi qu’il en coûte peut-être de l’avouer - il y a quelques ressemblances
entre eux et nous.
Mais jusqu’où va cette ressemblance ? Quel est donc le pourcentage de
nos gènes qui sont identiques aux gènes correspondants de
chimpanzé ?
La réponse est : 99 % !
Nous sommes chimpanzé à 99 %, et homme à 1 % !
Il suffirait de modifier 1 % du génome d’un embryon de chimpanzé pour qu’il
engendre un homme, et vice-versa... Et peut-être suffirait-il de modifier
1 % seulement de nos gènes pour devenir de super-humains !
Nous imaginons instinctivement qu’il existe une frontière inviolable séparant les hommes des animaux. Les hommes sont évidemment les seigneurs de la création, et les animaux ne sont là que pour nous distraire, nous servir… et nous nourrir, on nous l'a dit : " …soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre... " (genèse).
Pourtant, 99 % de nos gènes, c’est-à-dire donc 99 % de nous-mêmes, se
trouvent de l’autre côté de cette frontière ! Avec cette fascinante
conséquence que le plus proche parent du chimpanzé, ce n’est pas un autre
animal tel que le gorille par exemple... mais l’homme ! Cheeta, ma soeur.
Les droits de l’homme ne sont, peut être, pas faits pour les chiens - même si des individus tels que Slobodan Milosevic considèrent qu'ils ne sont faits que pour les chiens - mais il ne serait pas absurde de se demander s’ils ne sont pas faits pour les chimpanzés, aussi…
" Reprendrez-vous un peu de ce délicieux rôti de Cheeta ? "
Le singe de Néandertal ?
Nous avons eu un "parent" plus proche encore :
"l’homme" de Néandertal. Ses restes ont été découverts pour la première fois en
1856, plongeant les découvreurs dans la perplexité en raison d’un étonnant
mélange de caractères anciens et modernes ; cette perplexité se devine
aisément à travers la variété et la fantaisie des premières hypothèses sur
l’origine de ces restes. Pour le propriétaire de la caverne où eut lieu la
découverte, il s’agissait de restes d’ours. Le professeur de sciences naturelles
J.C. Fuhlrott reconnut, lui, qu’il s’agissait des restes d’un homme
archaïque ; il en déduisit fort logiquement pour son époque, qu’on venait
de retrouver une victime du déluge universel. Pour Rudolf Virchow, anatomiste,
il s’agissait d’un idiot qui avait reçu tant de coups sur la tête qu’elle en
était déformée. Un autre spécialiste pensait qu’il s’agissait d’un cosaque mort
là en combattant l’armée de Napoléon lors de la retraite de Russie.
Certains caractères des restes retrouvés étaient sans conteste anciens :
une face allongée, un début de museau, un front fuyant, des arcades sourcilières
proéminentes, un aspect trapu, robuste et puissamment musclé ; bref, un
personnage que l’on n’aimerait pas rencontrer le soir au fond des
bois !
L’homme de Néandertal ?
Mais, ce demi-singe avait également des côtés
humains ; par certains de ses caractères physiques, mais aussi et surtout,
par ses comportements. Il se tenait debout, marchait, faisait du feu, fabriquait
des outils, et surtout, il enterrait ses morts ; preuve d’affection, et
éventuellement de croyances en un au-delà - et on considère généralement
que ce genre de croyance est un signe d’humanité. On a même pu déterminer que
certaines sépultures de Néandertal avaient été recouvertes de fleurs.
L’une de ces sépultures contenait les restes d’un individu handicapé par de
nombreuses blessures, au point qu’il n’avait certainement pas pu survivre par
ses seuls moyens ; les blessures étaient cicatrisées, ce qui indique donc
que l’individu avait été pris en charge par le groupe, pendant une longue
période peut-être.
Ainsi, l’homme de Néandertal prenait soin de ses petits vieux, il enterrait
ses morts - qu’il recouvrait de fleurs... Sous une apparence de brute
épaisse se cachait peut-être une âme tendre.
Adam de Néandertal.
Une âme ? !
Ce
demi-singe aurait-il eu une âme, la vraie, celle des fils de Dieu ? Mais
alors, lorsque Michel-Ange a peint - sur le plafond de la chapelle
Sixtine - Dieu donnant la vie à Adam, il s’est peut-être trompé en
représentant Adam sous les traits de ce magnifique jeune homme imberbe...
Peut-être aurait-il dû représenter un homme de Néandertal ?
De quel côté de la frontière était donc "l’homme" de Néandertal ?
Etait-il homme, avec une âme, ou était-il animal, sans âme… que l'on pouvait
donc tuer et manger !
Qu’en pensaient nos ancêtres, les premiers "vrais"
hommes ? Car nos lointains grands-pères ont connu ce personnage de
Néandertal. Ils ont cohabité sur les
mêmes territoires en Europe pendant des milliers d’années ; ils se sont peut-être aimé ; ils ont peut-être commercé ; ils se sont plus probablement combattus. Le film de Jean-Jacques Annaud,
"La guerre du feu", a illustré cette cohabitation.
Les hommes de Néandertal ont disparu. Que s’est-il passé ?
Quels drames se cachent derrière ce qui fut peut-être un génocide ? Nos grands-pères auraient-ils vraiment osé...
Le délit de "sale gueule" existait-il déjà ?
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Le bon oncle de Néandertal.
Les enfants avaient faim.
La femme des cavernes envoya son homme chasseur faire les
commissions.
Il rencontra un tigre à dent de sabre ; trop cher.
Puis un mammouth laineux ; pire encore.
Et enfin, ce gros niais de Néandertal.
Le grand nunuche niquedouille
cueillait des fleurs et des papillons ;
il n’entendit pas le chasseur arriver.
 Les enfants aimèrent beaucoup
l’homme de Néandertal ;
Ils firent un gros rot.
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La théorie présente encore des lacunes, mais nombre de
faits n’en sont pas moins parfaitement établis aujourd’hui : l’âge de la
terre, les fossiles, le "gradualisme phylétique"...
Pourtant, même ces faits incontestables sont rejetés par les créationnistes,
qui persistent à ânonner laborieusement les Ecritures mot à mot. Ils y lisent
que Dieu a créé " toutes
les créatures vivantes qui se meuvent ", il y a six
mille ans ; inutile donc de s’interroger davantage.
Inutile aussi de se demander à quoi donc pensait Dieu lorsqu’il créait les
serpents, les scorpions et les mygales… On ne peut évidemment soupçonner Dieu de l’avoir fait exprès, pour gâcher nos pique-niques ; il s'agit plus vraisemblablement d’un moment
d’inattention, d’un oubli, d’une formule magique récitée trop vite, mal
articulée. Tout le monde peut se tromper, "humanum est" ; un mot de travers, et hop ! un scorpion !
Tête en l’air va !
Quant aux fossiles de poissons en haut des montagnes, ils
prouvent évidemment qu’il y a eu déluge universel.
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Colombe vole.
D'un geste ample, Dieu créa le chat.
Je vais faire mieux
dit Dieu ;
un animal bel et bon.
Il leva le bras, en prononçant la formule magique.
abracadabra !
Dans un léger nuage rose
on entendit un roucoulement ;
puis apparu la colombe,
tenant en son bec
un rameau feuillu.
Dieu vit que cela était bon.
Content de lui, stimulé, Dieu dit :
Je vais faire encore mieux !
Plus beau et plus bon.
Il agita les bras, en prononçant la formule magique.
Hélas !
le chat s’était mis en travers de la gorge
de Dieu.
abrachadabra !
...D’un épais nuage, noir comme l'enfer,
sortit le scorpion.
Dieu soutint que cela était bon.
Mais, prudent,
il se tenait hors de portée du dard mortel.
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NOTES:
[N1] : Jean
Gabin (approximativement !).
[N2] : Voltaire
avait déjà remarqué : "
Demandez à un crapaud ce qu'est la beauté : il vous répondra
que c'est sa crapaude avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tête.
"
Se pourrait-il que le beau soit relatif, dépendant
seulement de modes locales et passagères ? Se pourrait-il qu'il
n'existe pas d'Idée éternelle du beau ?
TABLE DES MATIERES
I. Introduction.
II. Les personnages.
III. Les premiers philosophes, les "Présocratiques".
Les milésiens, philosophes de la nature.
La fin des mythes ?
Le changement, l'être, l'esprit, l'atome et le hasard.
IV. La période classique.
Les Sophistes - Socrate - Platon.
Les sophistes.
Platon
Aristote.
Aristote, Platon, Parménide, et les autres.
Le monde d'Aristote.
L'influence d'Aristote.
V. La période hellénistique et romaine.
Et le bonheur dans tout ça ?
Epicure.
Le stoïcisme.
Le doute et la pose.
VI. Le Moyen Age.
Saint Augustin.
La prédestination.
La souffrance.
Sans limites ?
La Grande Coupure.
Après l'an mille.
Le Moyen Age n'est pas mort.
VII. Un nouveau monde.
Des hommes nouveaux dans un nouveau monde.
L'héliocentrisme - la naissance de la physique
classique.
La révolution copernicienne.
Copernic - Kepler.
Galilée. [lire
des extraits]
Le vrai débat.
Le principe d'inertie.
Newton.
L'univers est-il infini ?
Einstein.
La révolution mécaniste du XVIIe siècle.
Une révolution culturelle.
Nous, les machines ?
VIII. Enfin l'incertain fut !
Un enfant étonnant et contestataire.
Le décodage des Ecritures.
L'apprenti-sorcier.
La fin des certitudes ?
L'incertain débusqué.
Nostalgie de l'illusion.
Orphelin de certitudes.
Le théorème de Dieu.
De l'illusion à la violence.
IX. De Galilée à Darwin.
Rationalistes et empiristes.
Descartes.
La métaphysique classique.
Les empiristes - Hume.
Kant
X. La nature se dévoile.
L'évolution des espèces - Darwin.
La matière et la vie.
La chimie de la vie.
La vie de la vie. [lire des extraits]
La génération spontanée, ou la
vie de la matière.
L'homme descend du singe !
Le point sur la théorie.
Les créationnistes : le Moyen Age bouge encore
!
Hasard contre intelligence.
Entre la bête et l'ange - l'homme évolué.
La physique moderne.
La relativité - Einstein.
Le big bang.
La découverte du big bang.
[lire des extraits]
La colonisation du big bang - Questions de temps !
La mécanique quantique.
" Aucun phénomène n'est réel
tant qu'il n'est pas observé. "
Le hasard dans la science !
[lire des extraits]
La colonisation de la mécanique quantique -
Les mythes sont de retour !
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien
?
[lire des extraits]
La machine humaine ?
XI. Et le monde fut.
Matière ou esprit ?
L'univers esprit.
Une réponse... qui pose des questions !
Un créateur discret et paresseux.
Foi et raison.
L'univers matière.
La création et la créature.
Le monde imparfait.
La multitude.
Le bon vieux temps… c'est aujourd'hui !
L'homme ancien - La bête humaine.
(400 pages environ.)
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