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La recette du Moyen Age. |
La recette du Moyen Age.
On vient de voir que les "Moyen Age" ont une tendance naturelle à l'expansion ; mais avant de s'exporter au-delà des mers, il est d'abord nécessaire de s'imposer chez soi. Comment faire - quelle est la recette d'un bon Moyen Age bien réussi ? Il est troublant de constater que tous les Moyen Age, d'hier ou d'aujourd'hui - tous - ont naturellement découvert et appliqué exactement la même recette :
- Prenez des jeunes bien verts et bien tendres, cueillis en herbe avant qu'ils montent en graine, avant qu'ils découvrent le monde du haut d'une solide tige de personnalité.
- Vous les endoctrinez, longuement, en tournant inlassablement dans le même sens ; n'hésitez pas à appuyer fort si nécessaire, jusqu'à ce que la pâte devienne homogène et sans grumeaux. Les grumeaux, tout ce qui dépasse, ce qui se distingue, ce qui se remarque, voilà ce qu'il faut écraser.
- Et si quelques grumeaux subsistaient, si quelques jeunes cueillis trop tard, pas assez tendres, manifestaient des signes d'originalité et de résistance, mettez-les à l'écart, car ils pourraient contaminer toute la pâte, lui donnant mauvais goût et mauvais esprit. Conservez-les par exemple dans une cave bien fermée, à l'abri de la lumière.
- Lorsque la pâte est lisse et onctueuse, facile à manipuler, protégez-la en lui évitant tout contact avec l'air de l'extérieur ; l'air non filtré est malsain, plein de germes pernicieux, il peut transmettre de folles idées, dont la terrible maladie du doute[N1].
" Tombé dedans quand il était petit ! "
Le premier ingrédient de la recette, le plus pervers, consiste donc à endoctriner les jeunes enfants. Les modalités pratiques diffèrent - du catéchisme, aux jeunesses communistes ou hitlériennes, en passant par l'école coranique. Bien entendu, on pourrait me dire qu'il y a là amalgame, car rien de commun ne rattache les jeunesses communistes aux jeunesses hitlériennes, pas plus que rien ne rattache les jeunesses hitlériennes aux jeunesses moyenâgeuses. Il est vrai qu'on enseignait l'amour aux uns, la haine aux autres, ou encore le dévouement. Rien de commun donc, sauf, la méthode : l'endoctrinement de jeunes enfants ; dans tous les cas on exploitait la malléabilité et la docilité naturelles des jeunes cerveaux, pour y faire entrer insidieusement un message, quel qu'il soit, lequel était ainsi reçu comme une évidence indiscutable. Le point commun n'est pas la nature du message, mais la manière de l'imposer et de tuer tout esprit critique.
Le mécanisme utilisé ressemble au phénomène d'imprégnation décrit par Konrad Lorentz chez les animaux : le petit caneton, au sortir de l'œuf, s'attache au premier être avec lequel il entre en contact, par le toucher ou l'odorat...
Il se trouve que généralement, ce premier être, c'est la maman canard ; et dans ce cas, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais l'attachement du petit canard serait aussi fort si le premier être rencontré était par exemple... un homme ! Dans ce cas, le gentil petit canard s'attache à cet homme... et le considère comme étant sa mère sans se poser de questions.
Il existe probablement un phénomène similaire d'imprégnation des idées et des comportements : les premières idées reçues sont les bonnes, et il ne vient pas à l'esprit de se poser des questions à leur sujet ! Saint Thomas l'avait déjà noté : " Ce dont on a été imbu dès l'enfance s'affirme avec la solidité de ce qui est naturel et de par soi évident. " (Somme contre les gentils). S'il en est ainsi, ne serait-ce qu'en partie, on comprend l'immense danger que représente toute forme d'endoctrinement de la jeunesse - quelle que soit la doctrine.
Malheur à celui qui tombe, encore tout petit, dans la marmite des jeunesses machins ; l'histoire bien connue d'un courageux Gaulois nous a appris qu'il peut alors en subir les effets toute sa vie durant ! Pourtant, lorsque l'église catholique a étendu son manteau de plomb sur tout l'occident, régissant toutes choses et tous les esprits, c'est le sort qu'ont subi les enfants du Moyen Age, tous jetés dès leur plus jeune age dans la même immense marmite de pensée unique.
Le meilleur des mondes.
On parle aujourd'hui de clones, tous identiques entre eux, obtenus par manipulation génétique. La science-fiction s'est emparée de cette troublante idée, et A. Huxley a décrit dans son "meilleur des mondes", une angoissante société de clones, avec ses classes, celle des dirigeants et celle des exécutants.
C'est de la science-fiction... Mais non ! Cette société a vraiment existé, il y a mille ans déjà ! Lorsque le Moyen Age avait bâti un meilleur des mondes, avec ses clones tous issus du même catéchisme, soumis aux mêmes dogmes, aux mêmes terreurs, aux mêmes espérances, aux mêmes superstitions.
Un meilleur des mondes avec ses classes.
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NOTES:
[N1] : Exemple de mise en pratique de la recette dans les statuts des Scouts et Guides d'Europe :
" A l'âge de l'éducation qui est celui de l'enfance et de l'adolescence, on ne peut mettre en contact habituel, sans nécessité, des jeunes de confessions différentes, au risque de les mettre sur la voie du relativisme et du scepticisme. "
I. Introduction.
II. Les personnages.
III. Les premiers philosophes, les "Présocratiques".
(400 pages environ.)
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